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Sortie ce mercredi 28 janvier de ‘Promis le ciel’, la nouvelle réalisation d’Erige Sehiri, un film qui nous parle de racisme, d’exploitation et de mépris
26 janvier 2026 - 16:00
Après son précédent film ´Sous les figues’, Erige Sehiri nous convoque avec ´Promis le ciel’, pour une confrontation avec trois femmes, trois héroïnes, trois femmes d’Afrique noire, là bas en Tunisie.
S’inscrivant dans un contexte géo-politique et culturel complexe, la réalisatrice traite d’un sujet délicat et aux relents de racisme, avec cette question troublante quant au devenir des migrantes, ici des ivoiriennes, exilées en Tunisie.
Il est au préalable à noter que la vision de la réalisatrice de l’Afrique dans son ensemble, et de son pays en particulier, est toujours aussi fine et révélatrice de ce temps qui passe et des préjugés qui demeurent quant à la vie des uns et des autres, de leurs coutumes ou de leur traditions.
Ce qui était déjà le cas avec ´Sous les figues’, trouve avec ‘Promis le ciel’ un écho - même s’il est différent, le sujet l’étant - avec cet ancrage dans le quotidien et ce vécu de trois migrantes, trois femmes dissemblables, mais unis dans une même volonté de se battre et d’accéder à une vie meilleure.
L’intelligence du propos est évidemment en premier lieu de mettre en relation des réalités actuelles (et factuelles…) avec la crise des migrants, le racisme dont peuvent souffrir les populations noires en Tunisie, et cette problématiques du monde moderne, des femmes et de leur place.
Comme toujours, les portraits que fait Erige Sehiri de ces personnages sont particulièrement bien esquissés, les actrices et les acteurs, toujours dans leur rôle, tout en nous offrant des interprétations de qualité.
Le sujet est universel, faisant référence à la vie des gens et à leurs droits, sans omettre de pointer du doigt les manquements des gouvernements aux promesses qu’ils avaient pu faire. Mais il met également en exergue les sursauts des individus, leurs luttes pour survivre parfois… et l’entraide qui en découle.
La réalisatrice nous invite ainsi à porter notre regard sur les difficultés inhérentes au continent africain, celui de la migration, celui du regard des autres et de l’ostracisme ; et ces discours accompagnent les pérégrinations de ces trois migrantes, qui envers et contre tout, continuent d’avancer et d’essayer de s’affirmer.
Sans doute le sujet est-il plus ‘sombre’ ici, plus austère ; et dans sa façon d’être traitée, et dans sa façon d’être appréhendé par le spectateur. N’en demeure pas moins que la réalisatrice brosse trois beaux portraits, ceux de ces femmes modernes et combatives dans un pays et sur un continent qui lentement évoluent.
Synopsis : Marie, une femme pasteur ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais agitée dans un climat social de plus en plus préoccupant.
Sylvain Ménard, janvier 2026
Promis le ciel (2025)
Distribution :
Aïssa Maïga : Marie
Laetitia Ky : Jolie
Debora Lobe Naney : Nanney
Estelle Kenza Dogbo : Kenza
Foued Zaazaa : FouedTechnique :
Réalisation : Erige Sehiri
Scénario : Erige Sehiri, Anna Ciennik, Malika Cécile Louati
Photographie : Frida Marzouk
Montage : Nadia Ben Rachid
Musique : Aymen Laabidi
Production : Didar Domehri, Erige Sehiri
Sociétés de production : Henia Production, Maneki Films
Sociétés de distribution : Jour2fête (France) ; Luxbox (international)
