TE ATA, une incursion dans l’histoire amérindienne.


03 juillet 2019

Ce film est tiré de faits réels et conte l’histoire à peine romancée de Te Ata (prononcer « TAY 'AH-TAH »), figure emblématique de la tribu Chickasaw ; et au delà de la lutte des amérindiens pour se faire entendre et exister en tant qu’individus !

Sur un sujet présentant plus en profondeur les amérindiens et que nous avons déjà pu rencontrer dans des films aussi populaires que Danse avec les Loups, Cœur de Tonnerre (souvenez-vous ce thriller avec un enquêteur du FBI d’origine indienne (Val Kilmer) menant son enquête dans une réserve) ou plus récemment avec Le Nouveau Monde de Terence Malick ; nous sommes dans un contexte historique, crédible, mais surtout vrai et sans fioritures. Et ce qui est dans le cas de Te Ata aussi étonnant qu’émouvant, c’est bien ce parti pris, celui de ne montrer ni cette violence omniprésente en début de vingtième siècle, ni ces angoisses trop visibles et mortifères. De la sorte le message porte plus sur ces rites de transferts et de communion avec les autres, offrant au passage de sublimes instants où l’on partage cette vie et cette culture et où le simple mot « transfert » prend tout son sens et redéfini à la perfection ce qu’est (ou devrait être) l’humanité ; un mouvement qui emporte les personnalités et leur permet de continuer à exister, non seulement en donnant la vie mais également en diffusant leur savoir. Et c’est sans doute ce message-ci qui est le plus important à nos yeux ; assister à ces moments frappés de sérénité, de bonheur à la voir danser et conter ces histoires, figure incontournable (et ce quelque soit notre culture) de la conteuse !

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L’héroïne, Mary Thompson Fisher, deviendra sous son nom de scène (qui signifie « Porteur du matin ») la première et probablement la plus grand actrice amérindienne de tous les temps. Si le film est un peu romancé par obligation, il offre une vision étonnante de la culture américaine et amérindienne, ainsi que de leurs interactions dans cette Amérique de début de siècle. Porté par cette envie de donner du bonheur, de faire partager des espoirs et de rappeler ce qu’est chaque culture finalement, le film bien au delà de certains clichés, épaulé par d’excellents acteurs et une mise en scène limpide et sans effets, nous emporte avec lui et nous fait passer un moment inoubliable. Œuvre humaniste, emplie de générosité et de sincérité, ce film est probablement l’un de ceux qu’il faut voir afin de comprendre un peu mieux ce que représente le mot ‘nation indienne’, mais surtout ce que signifie le transfert, la mémoire, l’histoire… et ce en des moments où dans ce monde qui va trop vite, on pense tout savoir, où l’apprentissage ne se fait guère plus, et où la culture dans ce qu’elle a de plus éminent et fondateur, passe en arrière plan des préoccupations de chacun.

Un dernier mot sur la très belle musique de Bryan E. Miller qui ajoute au charme et à la profondeur de ce métrage.

Pour la petite histoire, étant donné l’importance de ce que représente Te Ata pour la nation Chickasaw, de nombreuses archives furent mises à la disposition du réalisateur afin d’être au plus proche de la réalité historique.

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Merci à l’équipe de Jupiter-Films et au Club Lincoln pour leur accueil lors de la projection presse.

Interprètes :
Q’ORIANKA KILCHER [TE ATA]
GRAHAM GREENE [LE GOUVERNEUR DOUGLAS H. JOHNSTON]
GIL BIRMINGHAM [THOMAS BENJAMIN “T.B.” THOMPSON]
MACKENZIE ASTIN [DR. CLYDE FISHER]
BRIGID BRANNAGH [BERTIE THOMPSON]
CINDY PICKETT [MISS DAVIS]

Crédits :
NATHAN FRANKOWSKI [Réalisation]
ESTHER LUTTRELL [Scénario]
BEN HUDDLESTON [Photographie]
BRYAN E. MILLER [Musique Originale]
PAUL SIRMONS [Production]

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Sylvain Ménard, juillet 2019.