PROPECT : Enfin le film de Science-Fiction indépendant qu'on attendait

16 avril 2019

Certains films paraissent comme frappés par quelque chose de particulier… ainsi en est-il de PROSPECT, film de science-fiction comme on les aime !


Loin des productions standardisées d’Hollywood, ce métrage de Zeek Earl et Chris Caldwell, à mi chemin entre le drame et la SF, débute par l’exploration menée par une adolescente et son père, sur un monde reculé et recouvert de forêts toxiques, à la recherche de précieuses richesses. Si on pense immédiatement au nouveau monde, à la quête de l’or et des luttes qui s’ensuivirent, on s’aperçoit que nul n’est forcément ce qu’il semble être ; du père de la jeune fille trop cupide au prospecteur au look un peu mercenaire et moins mauvais que la plupart des paumés en quête de richesse qui ont échoué sur cette planète. Histoire de compromission, d’entraide et de survie, PROSPECT s’apparente finalement plus au western, des grands espaces (magnifiés par une photo d’endroits insolites et par moment sublime) jusqu’au développement des caractères.

Nous suivrons d’abord les deux personnages du père et de sa fille, puis arrivera la rencontre avec deux autres prospecteurs (dont Pedro Pascal) qui va changer la dynamique du film, avant que la menace ne s’amplifie avec la découverte d’autres isolés, certains dangereux et à la recherche d’armes ou de moyens de défense, et quant à d’autres carrément violents ou fous. Le scénario nous confronte donc à ces tendances, les amenant avec suffisamment d’intelligence et de bonheur pour que le métrage fonctionne à la perfection. A ceci s’ajoutera la dimension réaliste, les personnages, explorateurs mais également prospecteurs, se livrant à maintes expériences, ceci donnant un cachet supplémentaire à l’histoire, ajoutant à sa crédibilité.

En 2014 était sorti le court métrage dont est issu ce film, et déjà il m’avait laissé un sentiment étrange, celui d’avoir eu la chance d’assister à quelque chose de nouveau ou de rare. Avec l’accomplissement du projet et sa sortie, on se rend compte alors du chemin accompli, de la qualité de l’histoire et de ce que le cinéma sait nous apporter. On ne tarira pas d’éloge sur le jeu des acteurs, sur celui de la jeune Sophie Thatcher si convaincante et si touchante et dans le même temps si forte ; ni sur celui de Pedro Pascal dont nous pensons le plus grand bien et que l’on attend avec impatience dans Star Wars, The Mandalorian !

Plus axés sur une production « à l’ancienne », les deux réalisateurs et leur budget dérisoire (dont ils tirent un maximum), ont usé de vieilles ficelles ne nous offrant quasiment pas d’effets, exceptés ceux du début (le vaisseau, la planète) qui semblent de facture traditionnelle ! Mais ils ont porté un soin - on pourrait oser le mot maniaque - à l’ambiance, à l’image ; les couleurs et les plans sont superbes et incroyablement différents. La production aura conçu les tenues, les environnements - celui de la station / Vaisseau - de la navette, des armes ou des divers objets que l’on voit, dans un soucis d’équilibre et de réalisme… Ce sera d’ailleurs ici que l’on se fera la réflexion suivante : comment peut-on produire un tel film avec seulement quatre millions de dollars ; tandis que des gros budgets échouent à nous émouvoir ou simplement à nous étonner !?
Nous pouvons avancer une raison : le cinéma indépendant ose des choses que les autres n’envisagent même pas, bloqués dans les délires de rentabilité et de course à celui qui mettra en scène le plus grand nombre de stars. Gageons également que la présence de Pedro Pascal saura apporter une forme de caution. Savoir que des acteurs comme lui peuvent s’investir sur un tel projet doit être dynamisant !

Le film est produit par un certain nombre de petites compagnies, dont DUST, bien connu des internautes et qui diffuse des courts-métrages d’excellentes factures, tous relevant du fantastique.
Le site RottenTomatoes lui a accordé un bon 90% de points de satisfaction, une note de 3 sur 4 sur rogerebert.com lui a été décernée, d’autres sites un peu moins, mais toujours dans des proportions notables.
PROSPECT est sorti en digital, connaîtra t-il une sortie en salles ? - souhaitons-le lui, car il le mérite !

La musique est composée par Daniel L.K. Caldwell et est disponible chez Lakeshore Records, dans l’immédiat au format digital également.

Durée : 1h38
Distribution : Sophie Thatcher, Pedro Pascal, Jay Duplass, Andre Royo, Sheila Vand, et Anwan Glover.
Budget : 3,9 millions $

J’aurai bientôt le plaisir de vous proposer un petit reportage « making-of » avec quelques concepts, créations originales et recherches diverses.

Sylvain Ménard, Avril 2019.

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