Se connecter
Dix ans après "Nous, Princesses de Clèves", "EN NOUS" de Régis Sauder sort en salles le 23 mars
23 mars 2022 - 09:25
Une dizaine d’années après son film Nous, Princesses de Clèves (2011), le réalisateur Régis Sauder, cherche à renouer un lien avec ses personnages - les étudiantes et étudiants ainsi que leur professeure de français - afin de mettre en images ce qu'ils sont devenus, aujourd'hui adultes et pour certains déjà parents.
Si le retour en arrière n’est jamais chose facile ; les liens peuvent se dénouer, la vie nous éloigner ; le réalisateur réussit à réunir une bonne dizaine de ces ‘anciens ‘élèves et leur professeure, et nous replonge dans une forme de vague à l'âme.
C’est bien sûr la nostalgie de nos années étudiantes qui remonte, et bien évidemment celle de leurs années à eux, avec son cortège d’espoir, d’envies, d’échecs parfois, tout ce qui relève d’une vie qui débute de fait. Toujours empli de tendresse pour ces jeunes filles et ces jeunes hommes, la caméra observe, écoute - jamais ne juge - et brosse ses portraits aussi sincères que profonds, où percent déjà quelques douleurs et angoisses.
La subtilité des allers et retours entre ces deux périodes aura nécessité quelques plongées dans leurs souvenirs, des extraits où se croisent alors les voix d’hier et celles d’aujourd’hui, exercice parfaitement assumé par le réalisateur qui nous permet ainsi de lier ces deux époques.
Il n’aura échappé à personne que la vie est dure, et que la sortie de l’enfance va souvent de pair avec la fin de la scolarité, et nous serons à même d’entendre certaines révélations, des regrets parfois, mais curieusement sans réelle animosité, comme si le temps commençait à lisser les choses. De ce constat qui pourrait paraître amer, mais qui recèle de l’espoir et une envie d’aller de l’avant, émergent ces figures, où l’on sent la fierté ‘d’avoir déjà réalisé’, d’avoir l’envie de faire mieux et d’aller plus loin !

Synopsis : Il y a dix ans, Emmanuelle, professeure de français d'un lycée des quartiers Nord de Marseille, participait à un film avec ses élèves. À partir de l'étude de La Princesse de Clèves, Abou, Morgane, Laura, Cadiatou et les autres énonçaient leurs rêves, leurs désirs et leurs peurs. Tous se retrouvent aujourd'hui, les souvenirs se mélangent aux récits de leur vie et des obstacles à surmonter.
Que reste-t-il de leurs espoirs de liberté, d'égalité et de fraternité ? « Je sais bien qu'il n'y a rien de plus difficile que ce que j'entreprends. », cette phrase du roman trouve plus que jamais écho en eux. En nous.
Sylvain Ménard, mars 2022
