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Quatre personnes, une maison, une expérience de vie communautaire… ‘L’ÉPAVE’ de Lizzy Stewart, nous raconte que rien n’est jamais gagné, avec en toile de fond une réflexion sociale et humaine
26 octobre 2026 - 09:00
A mi chemin entre le roman graphique et le roman, L’ÉPAVE’ propose au lecteur de découvrir un récit à l’atmosphère tendue qui va l’emporter à la découverte d’une relation pas si évidente, où le désir et l’envie sont évoqués, mais également les interdits, les questionnements et ces réflexions qui nous viennent à l’évocation de la vie communautaire, et des relations humaines. Entre drame, confusion des sens et étude sociale, l’autrice, Lizzy Stewart, nous invite à découvrir un roman graphique très adulte.
A mi-chemin du roman social et de l’expérience très connotée post années 68, entre une trame qui emprunterait ses ressorts au théâtre - quatre personnes, une vie en communauté, des tensions, des désirs ! - ‘L’ÉPAVE’ est un pavé conséquent qui nous narre cette expérience vécue par deux couples, avec les hauts et les bas, les non-dits, les petites réussites et les ratés de tous types. Alors ce n’est pas du vaudeville, mais la trame relève bien du conflit de groupe, de l’attirance/rejet, des pulsions inavouées et de cet arc narratif si cher aux anglais (voyez leur cinéma). Mettez quatre personnes, deux femmes et deux hommes, dans un lieu commun ; laissez-les mijoter, s’apprivoiser, ou se rejeter ; n’oubliez pas d’y mêler des affaires d’égo, de rancunes (un peu) et d’un peu de domination… tel est en substance le sujet du livre.
Plutôt très original graphiquement avec son mélange par moment d’extraits de courriers manuscrits (rarement), à d’autre de dessins naïfs (les croquis) et ceux plus réalistes de l’histoire, ‘L’ÉPAVE’ est un ouvrage complexe, qu’on prend en main et qu’il nous tarde de terminer, même si sa lecture s’avère compliquée, du fait de sa longueur… plus de trois cents pages !
C’est sans doute cette longueur excessive, à laquelle on ajoutera la description des processus lié à la vie en groupe et aux tentations qu’elle suscite, ceci incluant la tromperie, qui pourra vous déranger. De la sorte les péripéties sont diluées ; quand bien même on ne s’attend pas à avoir d’immenses rebondissements régulièrement ; et on se perd dans la psyché des personnages, et surtout les deux principaux.

A ceci s’ajoute comme nous le disions au début, la problématique principale de cet ouvrage, qui finalement s’apparenterait plus à un roman illustré, qu’à un roman graphique. Les pages typiquement « bandes-dessinées », voient s’insérer des pavés de textes, les pages de ‘roman’ (où il n’y a que du texte) elles mêmes illustrés par ces images un peu naïves, se voient suivre de nouveau d’une mise en page plus bd, et ainsi de suite.
Alors cette formule n’est certes pas détestable - nous n’en faisons pas le procès -, mais au vu de la longueur du roman, elle a tendance à peser dans l’approche que doit avoir le lecteur, qui (honnêtement) se perd un peu en cours de route. Sans doute eut-il été préférable de ne pas tirer autant sur la durée !
Ce qui nous fait penser, qu’avec ce livre l’autrice paraît hésiter entre écrire un roman, et dessiner une bd…
Un roman de moyenne longueur ou assez long, ne se lit pas du tout de la même façon qu’un roman graphique, encore plus lorsque la dynamique de lecture est rompue par des ‘modes’ différents, les uns prenant le pas sur les autres, l’image attirant l’attention, la bulle de texte oubliant d’être lue au bénéfice du texte ‘romancé’.
Au final un ouvrage qui aurait pu être réellement sympathique, mais dont on se lasse rapidement (malheureusement…).
Résumé : Milieu des années 1970 : Charlotte et Francesca sont inséparables jusqu’à ce qu'Adrian, le compagnon de Francesca, ne vienne fissurer leur amitié. Des années plus tard, Fran propose pourtant à Charlotte de les rejoindre pour une expérience de vie en communauté dans une demeure isolée. Si l'aventure semble d'abord idyllique, les anciennes tensions et les désirs enfouis refont surface, brisant les illusions de cette utopie rurale.
Sylvain Ménard, octobre 2026
L'épave
Autrice et illustratrice : Lizzy Stewart
Technique d’illustration : Crayon et aquarelle
Parution : 16 octobre 2026
Éditeur : Helvetiq
Broché avec rabats
Pagination : 312 pages
Format : 15 x 22,4 cm
ISBN : 978-2-88977-073-1
Prix public : 29 €
