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‘Alien Paradiso’ le roman graphique de ce début d’année… Pour les fans du xénomorphe, une déception à la hauteur de l’attente !
02 mars 2026 - 09:00
‘Alien Paradiso’ est sorti chez Panini Comics, et s’il nous semble nécessaire de dire que l’histoire, bien que plutôt intéressante et bien construite, est malheureusement desservie par un trait qu’on qualifierai de ‘banal’ et sans âme ; nous devons reconnaître que c’est tellement rare - tout subjectivité mise à part - que nous en sommes surpris !
Parce que nous découvrons cet endroit ‘un peu à part’ - même si les romans graphiques nous ont déjà montré par le passé des mondes divers, agricoles, forestiers, industriels, et autres -, le lecteur pourra y trouver son compte. Mais ce qu’il peinera à comprendre, ce sont les choix ‘artistiques’ ou ‘esthétiques’, qui nous valent cette réelle déception. Alors, choix éditoriaux contestables…, manque de dessinateurs impliqués et au style bien défini (faute de temps)…, mélange hasardeux entre deux types d’illustrations diamétralement opposées… !?
‘Alien Paradiso’ est un des ratages (fort rare) de la saga, une œuvre sur laquelle on peut faire l’impasse.
Alors que les deux précédents opus étaient des histoires aux ramifications passionnantes - entre un ‘ALIENS WHAT-IF’ et l’excellent Carter Burke qui a échappé par miracle à l’insémination forcée ; et ‘ALIEN: Black, White & Blood’ une incursion où l’homme, le Xéno et l’androïde se partagent la vedette, le tout dans un superbe ‘grand format’ - ; avec ‘Alien Paradiso’, on se pose la question du choix de l’illustrateur Edgar Salazar !
Si les deux opus cités plus haut, nous proposaient quelques bifurcations intéressantes, comme avec Burke qui aurait survécu, ou bien cette ‘étude’ comportementale liée aux ‘colonies perdues’ et à leur isolationnisme, ou aux dérives des IA et de leur abandon de leur objectif primaire, qui est de protéger l’humain ; le dessin qui les accompagnait était parfait et en adéquation avec le sujet.
Ainsi ce dernier volume paru en février, est de façon surprenante très décevant. Le dessin d’Edgar Salazar est tout, sauf riche et attrayant, bien trop ‘simple’ et académique à notre goût (surchargé de trait, presque enfantin dans certains plans et cadrages), sans compter que la mise en couleur est laborieuse et peu inspirée. Et à côté du dessin principal ; on retrouve Peter Nguyen - dont le travail n’a rien de comparable avec celui de Salazar - pour des scènes de visions subjectives, celles des Aliens…

Il est certain qu’en comparant les deux styles et l’approche, le travail de Salazar n’en sort pas grandi. Dommage donc que son trait n’ait pas su s’affranchir d’une évidente rigidité, soulignée par des mises en situation où les erreurs anatomiques sont visibles, où les cases nous attirent peu. Certains plans larges, notamment, souffrent d’un manque évident de maitrise, le décor est à peine esquissé, les personnages perdus dans des doubles pages telles que les affectionnent les américains.
Et dommage (une fois encore) parce ce que ce type de traitement scénaristique reste assez original, que l’éditeur n’ai pas su mettre en relation deux ‘talents’ complémentaires, tandis qu’ici ils s’opposent clairement.
Amener l’action sur une planète ‘paradisiaque’ dédiée au plaisir avec ses nombreuses figures imposées, de ses mafieux, à son casino en passant par ses amateurs de sensations fortes, le tout dans un coin reculé de la galaxie ; c’était s’autoriser quelques libertés, et offrir un dépaysement très attendu au lecteur. Et si l’histoire tient la route, c’est parce qu’elle nous invite à découvrir - nous sommes dans la temporalité du premier film - l’intérêt que portent certains groupes au xénomorphe, qu’on parle de la mafia ou de groupes militaro-industriels.
Ceci étant dit, le principal écueil sera le dessin et la mise en page, pauvre et souvent contenant des erreurs, quand il ne s’agit pas de facilités, comme les décors particulièrement ‘cheap’…
Synopsis : Bienvenue à Paradiso, un casino où l'argent et le sang coulent à flots ! Véritable joyau dissimulé au coeur des colonies, le lieu prospère grâce à son climat tropical, ses plages immaculées et sa clientèle de criminels richissimes. Envoyés pour démanteler un vaste réseau de contrebande, Dash Nanda et Lydia Reeves pensent avoir décroché le gros lot. De son côté, le contrebandier Ricky Valentine arrive sur place pour conclure un marché qui pourrait lui offrir, ainsi qu'à son équipage, une retraite dorée. Mais lorsqu'un alien est libéré au milieu de cette faune décadente et d'un personnel exploité, le paradis tourne très vite au cauchemar sanglant ! The White Lotus se mélange à l'univers d'Alien pour un résultat mordant et réjouissant !
Sylvain Ménard, mars 2026
Alien Paradiso
Snéraistes : Patrick Zircher, Steve Foxe
Illustrateurs : Edgar Salazar, Peter Nguyen
Éditeur : Panini Comics
Nombre de pages : 104
Liens articles :
‘Aliens What-If’ : https://www.cinemaradio.net/news/sortie-de-lexcellent-roman-graphique-aliens-what-if-chez-panini-comics-910
ALIEN: Black, White & Blood : https://www.cinemaradio.net/news/alien-black-white-blood-le-roman-graphique-a-ne-pas-manquer-967
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Photos des couvertures et des pages, Sylvain Ménard, mars 2026
