Godzilla II - Roi des Monstres !!


24 juin 2019

Ce film étant une suite directe au premier film, signé Gareth Edwards, les choses sont très rapidement présentées et mises en situation. Basé sur les films offrant la vedette à Mothra, Rodan ou encore Ghidorah (toutes des productions de la Tōhō), il faut reconnaître qu’il offre un intérêt certain, visuellement très abouti et appuyé par un scénario maitrisé.

Les acteurs sont tous bons et on a plaisir à en retrouver certains du premier volet. Les péripéties nombreuses, ainsi que certains retournements scénaristiques mettent en perspectives les situations dans des approches nouvelles. Nous allons de la révélation de l’existence d’anciens dieux, à une forme de mythologie assez originale ainsi qu’à des créatures totalement étrangères à notre monde. La réalisation est fluide, tendue par moment et nous épargnera les digressions habituelles de ce genre de film. Les créatures, de Godzilla à Mothra (tout simplement fantastique dans tous les sens du terme) et jusqu’à l’apparence étonnante de Ghidorah entre le dragon chinois et l’hydre, sont parfaitement bien rendues (merci les CGI) et convaincantes.

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Faut-il alors être un fan de ces films - de ces grands classiques du film de monstre qui par instant voyaient se côtoyer la pure poésie (Mothra et les fées par exemple), le ridicule (les scènes de destructions ou les galeries de monstres caoutchouteux) et des réflexions plus ou moins profondes sur le devenir de certaines espèces ou de l’homme - pour pouvoir apprécier à sa juste valeur ce nouvel opus dédié au monstre le plus connu ? On peut penser que non, tant ce métrage réussit à placer des références obligatoires, sans trop alourdir le message ; instruit un discours cohérent et sait nous surprendre quand il le faut ; et finalement nous emporte, ravis d’être ballotés, heureux d’assister à un spectacle de bonne facture, dans ce qui semble alors devenir un bel hommage au bestiaire fantastique du cinéma fantastique (et de monstre) japonais !

A contrario, on pourra trouver que le message de fin sur les espèces en voie de disparition est gratuit voire quasiment inutile, parce que sans originalité aucune. En effet, on a tendance à souhaiter argumenter, poser ses idées et offrir une vision d’espoir sur de plus en plus de films ; tout ceci sans finalement développer ses théories. Alors si le film - un film de monstres réussi c’est certain - est avant tout à prendre comme le pur et simple divertissement qu’il est ; ne l’alourdissons pas avec des images ou des idées tirées de pamphlets obscurs traitant de l’homme, de la science et du respect du règne animal. C’est probablement dommage que la fin du film soit traitée aussi rapidement, ne souhaitant pas réellement conclure car l’objectif bien visible est de produire des suites à succès.
Ceci dit ne nous attardons pas sur cette image un peu négative et gardons en mémoire ces moments héroïques, dramatiques par instants et cette mise en image superbe et volontiers chaotique !

La musique de Bear McCreary est d’excellente facture et on se plait à y retrouver les thèmes de Akira Ifukube, compositeur de la musique des films d’origine. C’est sans doute cet usage somme toute assez présent de thèmes connus, qui donne également un cachet spécial à ce métrage, celui d’une forme de reconnaissance, d'une volonté d’offrir des points de repère, de le rendre intemporel et familier.
Pour ceux qui s’intéressent à la musique de films, je vous invite à lire le chapitre dédié à Ifukube dans l’ouvrage Symphonies Fantastiques, musiques de films fantastiques et de science-fiction publié chez Camion Blanc. (http://www.camionblanc.com/detail-livre-symphonies-fantastiques-musiques-de-films-fantastiques-et-de-science-fiction-721.php)

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Godzilla 2 : Roi des monstres (Godzilla: King of the Monsters)
Réalisation : Michael Dougherty.
Scénario : Max Borenstein, Michael Dougherty, Zach Shields.
Direction artistique : Richard L. Johnson.
Décors : Scott Chambliss.
Costumes : Louise Mingenbach.
Photographie : Lawrence Sher.
Montage : Roger Barton.
Musique : Bear McCreary.
Production : Legendary Pictures ; Wanda Qingdao Studios, Warner Bros.


Sylvain Ménard, juin 2019.