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À l’occasion de la sortie de la BD « L’École est finie », nous avons pu échanger avec son autrice, EVEMARIE !
25 mars 2026 - 18:00
Ayant adoré l’album ‘L’ECOLE EST FINIE’ édité par ROBINSON, une BD tout juste sortie, nous nous sommes dit que ce serait dommage de ne pas en profiter et d’essayer d’avoir un entretien avec EVEMARIE son autrice !
C’est chose faite (et un grand merci à son agent), nous avons le plaisir de vous le livrer ici.
Cet entretien a été réalisé par échange de courriels. Merci à Evemarie et à Marie Fabbri pour leur écoute et leur gentillesse.
• Votre BD est sortie, et c'est un 'opus magnum' de par son approche, cette volonté de ne pas s'inscrire en victime, cette résilience dont vous faite preuve ; et finalement ce pied de nez magistral que vous adressez à vos détracteurs, aux bien-pensants et aux divers empêcheurs de tourner en rond !
Evemarie : Cette BD pour moi est avant tout une bande dessinée d'humour, autour de mes souvenirs de cancre. Je m'adresse plus à mes lecteurs qui aiment rire, qu'à d'éventuels détracteurs...
• Autant au cinéma nous avions connu quelques métrages marquants et qui évoquaient les problématiques (nombreuses) que les élèves pouvaient rencontrer… autant la BD avait plus discrètement parlé de harcèlement, de difficultés diverses et ce dans un cadre plus adulte que celui du grand public.
Evemarie : J'ai l'impression que le thème du harcèlement est de plus en plus abordé en bande dessinée. Mais ceci étant dit, L'école est finie aborde plus le sujet des ados "rebelles" dans l'école d'il y a 30 ans que réellement les problèmes de harcèlement en milieu scolaire.
• Avec 'L'École est finie', votre trait attachant et rond, votre texte incisif et drôle, nous invitent à découvrir une toute jeune fille qui dès le début se bat et s'impose à nous comme un vrai personnage, une force positive…
Evemarie : J'aime beaucoup les héros loser qui finalement s'en sortent, par la force et la persévérance.
• On parle de parcours du combattant pour éditer une BD, réussir à intéresser un éditeur - encore plus aujourd'hui - qu'est-ce que ça représente ?
Evemarie : Ça dépend, il n'y a pas de règle. Pour ce titre, c'est Dominique Burdot, mon éditeur, qui m'a sollicité pour faire ce livre, après avoir lu des strips que j'avais fait sur ce sujet sur Instagram...
• Une œuvre telle que la vôtre, c'est d'abord : poser l'idée, penser les situations et comment les personnages vont les vivre ; esquisser les protagonistes, écrire les dialogues, faire un story board ?
Evemarie : Je storyboard en même temps que j'écris, ou plutôt j'écris en storyboardant. L'idée ici était bien plus simple qu'une fiction, puisque c'était mon histoire, et que je connaissais déjà le déroulé et la fin !
Pour les autres titres, ça dépend si je travaille avec un scénariste ou non. Avec un scénariste il faut que je me sois bien imprégnée de l'histoire et que je me sois attachée graphiquement et moralement aux personnages ! On va passer du temps ensemble, j'ai besoin de faire connaissance avec eux avant de démarrer... (On ne part en vacances qu'avec des bons copains! ^^)
Si je travaille seule c'est différent, j'écris donc en storyboardant, puis vient le temps du crayonné, puis de l'encrage, ce qui laisse encore des étapes pour modifier ce qui finalement ne fonctionne plus ou moins bien. Que ce soit une réplique, un gag ou une attitude...
• Une question qui a son importance ; comme en littérature, entre poser ses idées, commencer à rédiger, dessiner (parfois juste croquer) et partir à la conquête du monde de l'édition… et jusqu'à ce moment magique où l'on tient un exemplaire en main de son ouvrage ; il s'est passé combien de temps ?
Evemarie : Pour ce titre, j'ai démarré, de mémoire, en avril-mai, je l'ai rendu en décembre, et il vient de sortir, là, le 18 mars...
• Quelle est la part de l'éditeur dans ce process ? Il a son mot à dire, on pense à la ligne éditoriale, aux diktats du taux de rentabilité, aux 'niches', et bien sûr au public cible…
Evemarie : Oui, évidemment un éditeur à son mot à dire s'il en ressent le besoin. Pour l'école est finie j'ai eu la confiance la plus totale de mon éditeur, qui m'a vraiment laissé les coudées franches. C'est extrêmement plaisant (et assez rare)
• Aujourd'hui les chiffres de ventes - si on globalise très largement les différents types et genres - ne sont pas mauvais, même avec une conjoncture complexe, l'annulation d'Angoulême, la crise des petites maisons d'édition, la précarité…
Evemarie : Je ne suis pas la mieux placée pour parler économie, mon banquier pourrait vous le confirmer !
• Vous êtes une femme - de ce fait, pas si présentes que cela dans cette 'industrie' - est-ce que selon vous, c'est plus complexe encore d'arriver à convaincre un potentiel éditeur ?
Evemarie : Je crois que la part des femmes dans la bande dessinée est autour de 12 à 20%. Il y en a de plus en plus et avec des parcours absolument fabuleux. Sincèrement, je n'ai pas la sensation qu'il y ait une différence de traitement, et si je n'arrive pas à convaincre un éditeur, je ne crois pas que ce soit lié à mon genre, mais plutôt à la proposition !
• Après ce superbe 'témoignage' par le biais de votre Bande-dessinée, avec cette belle et attachante histoire ; quels sont vos projets ? Vous avez récemment collaboré à Ratiche… (voir l'article)
Evemarie : C'est déjà ma 5ème BD si on ne compte pas les collectifs !
En août sortira un très chouette collectif justement, chez Fluide Glacial, avec 23 collègues, et sinon d'autres projets sous le coude, dont je ne peux malheureusement pas vous parler pour le moment !
• Merci à vous Evemarie, pour votre temps et votre disponibilité ! Et nous espérons, à très bientôt.
Evemarie : Merci à vous et à très bientôt avec plaisir !
Images, et photos tous droits réservés Robinson.
© photo Evemarie : Barbara Cabot
Sylvain Ménard, mars 2026
Lien vers l’article :
https://www.cinemaradio.net/news/l-ecole-est-finie-en-librairie-le-18-mars-c-est-la-bd-sensible-et-touchante-accrocheuse-et-parfois-rentre-dedans-de-la-jeune-et-douee-evemarie-1050
