Le Combat des chefs : Apple Vs Netflix, où comment le business risque de remporter la palme !

27 mars 2019 à 14h09

Steven Spielberg, Jennifer Aniston, Steve Carell ou encore Reese Witherspoon se sont vu dérouler le tapis rouge pour un show ce lundi 25 mars qui mettait en avant les productions à venir de la chaîne Apple TV+ !

Si les vedettes étaient présentes, le contenu reste flou et Apple ne communique pas sur le cœur de cible… Quand on sait que depuis dix ans Apple était indétrônable, mais que l’année 2018 a ainsi vu un recul révélateur des ventes d’iPhones ; on ne se surprend pas à assister à cette démonstration volontaire et argumentée de Tim Cook (président d’Apple) qui se lance sur le marché de la diffusion par abonnement.

Nous y sommes donc, le géant à la Pomme y est et donne un nom à sa chaîne… et à sa Némésis : Apple TV+ et… Netflix. Nous sommes surpris (le sommes-nous réellement ?) de constater à quel point la simple envie de réussir une chose est subordonnée à la volonté de nuire à un potentiel adversaire, même si Apple n’a jamais caché ses ambitions. Quand il suffirait - les possibilités sont vastes et les marchés encore plus - d’exister en marge puis de se conforter peu à peu et d’acquérir des parts de marché ; il semble que nous soyons revenus aux combats de coqs, aux petites échauffourées !

Si Apple veut sa part du marché, ce n’est pas par idéologie ou volonté bienfaitrice pour le spectateur… non, il y a des éons que Apple ne sait que produire et engranger des bénéfices. Mais voilà Apple n’a pas les moyens de produire et diffuser des œuvres « maisons » en plus de programmes achetés et diffusés en exclusivité (pas avec des investissements de 1 milliard, contre 8 ou 10 pour Netflix ou Amazon). D’ailleurs Apple semble s’éloigner de ce côté caricatural et volontairement hégémonique pour revenir à une tendance plus cohérente, basée sur un service vidéo, des abonnements, et des diffusions…
Oui, mais à quel prix. Apple a connu une très mauvaise année 2018 avec les iPhones aussi se lance t-elle vers la diffusion, le VOD (ou SVOD), une guerre du service en fait. Excepté qu’ils arrivent bien tard, alors que le mastodonte Disney va entrer dans la course, avec ses programmes, ses films (Star Wars, les films d’animations et tout le catalogue existant), tandis que Apple n’a rien et ne produit rien !

Ainsi à force de vouloir justifier on ne sait quoi, Apple ne fait qu’entériner ce que nous savions déjà depuis plus de vingt ans, qu’elle n’existe que par le biais d’une volonté dominatrice, une volonté hégémonique incohérente, des vérités biaisées et perverties, auxquelles de grands noms parmi lesquels Spielberg… pour ne pas le citer, donnent leur aval lors d’une caricature de cérémonie. Et oui, le mauvais goût existe surtout dans les mastodontes économiques !

Netflix, aussi critiquable soit-elle, propose un panel de créations (dont de nombreuses originales) et de diffusions d’œuvres existantes. Certaines peuvent sembler intéressantes et d’autres pas, mais il ne faut pas perdre de vue que la diversité reste présente… et que après tout le spectateur seul décide ! Quand on voit actuellement le travail de communication menée par Netflix pour ses programmes maisons (affichage, publicités, etc…), il semble évident que Apple ne puisse se tourner dans l’immédiat que vers ses abonnés, une réorientation vers les services comme dit précédemment.

Ceci dit, aucune informations ne circule quant au tarifs ni à l’ergonomie de la plate-forme… exclusivement sur écran (ceux de la marque à la Pomme ?… et les autres ?) ou bien comme Netflix et Amazon ?

Rappelons enfin qu’un différend existe entre Netflix et Apple. Netflix s’est vu obligé de bloquer toute demande d’abonnement placée depuis l’AppStore, Apple prenant pas loin de 30% de commission. Spotify, Epic Games ont également suivi cette démarche par la suite. Les « magasins d’applications » (tel est leur nom) que sont Apple et Google vont devoir revoir à la baisse leurs prétentions.

Voilà, je termine ici mon article (sur mon iMac il est vrai…), en essayant simplement de me souvenir du temps ou Apple signifiait quelque chose et où chaque firme pouvait co-exister - ce que par ailleurs nombre d’entres elles continuent à faire - sans faire la guerre aux autres !

Sylvain Ménard; mars 2019