Documentaire coup de poing : LE CHAR ET L’OLIVIER, UNE AUTRE HISTOIRE DE LA PALESTINE


04 novembre 2019

Nous avons vu récemment l’excellent et engagé film israélien, Un havre de paix (12 juin 2019), qui parlait avec justesse et sensibilité d’Israël, des gens, de la mentalité et bien sûr de la guerre. Nous avons maintenant l’impression - depuis quelques années déjà - que les discours et engagements divers liés au problème d’Israël et de la Palestine sont de plus en plus représentés.

Interview de Roland Nurier par Sylvain Ménard

 L'interview n'ayant pas été réalisée en studio, nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la   qualité du son mais espérons que son contenu saura vous faire oublier ce détail sonore. 

Le cinéma s’empare de ce brûlant sujet, n’hésitant pas a rebattre les cartes, montrant ce que les volontés expansionnistes d’Israël ont pu provoquer comme troubles au Moyen-Orient ; et les nombreux documentaires se posent dès à présent comme autant de témoignages sur ce qui s’y passe !
Mais concernant ce sujet - ce brûlot - on ne doit pas oublier non plus que la communauté internationale n’a pas souhaité dans son ensemble, une fois encore par la faute des gouvernements américains notamment - de quelque bord qu’ils soient d’ailleurs - laisser ce peuple s’autodéterminer. Le documentaire qui sort sur nos écrans en ce mois de novembre 2019 a le mérite de donner la parole aux palestiniens et aux juifs, aux politologues et aux écrivains, sans oublier les représentants d’organismes divers et associatifs.

Ce qui devient très intéressant et qu’il faut souligner c’est l’intervention de certaines sommités, de personnalités engagées (de confession juive notamment) qui n’hésitent pas à dénoncer le sionisme comme étant un acte finalement contre la Palestine et non comme une volonté de créer un état libre pour les juifs. On pourra objecter que le métrage déforme quelque peu la réalité… mais laquelle ? Si nous parlons de réalité historique, l’ensemble est difficilement contestable. Cette vérité - historique et humaine (on parle bien de personnes et pas seulement de terres) - porte également un regard relativement (et tristement) réaliste sur l’ONU, dont l’inutilité flagrante nous semble de plus en plus évidente.
Là où l’histoire et la géographie ont depuis longtemps précisé les faits, l’existence de la Palestine en étant un et pas des moindres, il a fallu en intégrer de nouveaux dans l’histoire moderne : l’arrivée des colons juifs et les décisions prises par les états occidentaux de soutenir la création d’Israël au détriment de pays à majorité musulmane. Il faut se rappeler que concernant cet état de fait, il y a un occupant et un occupé, et ça quelque soit le point de vue ou quelque soit l’approche, ce fait précis demeure une évidence.

Cela reste compliqué de parler de ce sujet qui pour beaucoup demeure tabou, alors que dans le même temps en Israël et dans le monde, et notamment en France, des représentants et des penseurs de confession juive, ne cessent de soutenir la demande de création d’un état palestinien avec les mêmes droits que les autres peuples. Gageons que le monde ne changera pas demain, que les gouvernements américains continueront, comme d’autres états, à soutenir des dirigeants qui propagent cette volonté expansionniste et oublient que tout un chacun a le droit de vivre en paix et libre.

Ce documentaire n’est pas seulement important, il est primordial afin de comprendre le point de vue des palestiniens. Il faut dans le même temps aller vers des métrages, des dessins animés aussi, qui montrent le repli intellectuel des uns, leur manque de foi en leur gouvernement et souvent leur désespoir. J’ai évoqué le film Un havre de paix, mais il y aussi le très joli film d’animation Wardi, et tous les autres… Il faut également lire des articles, se pencher sur l’histoire et comprendre (on en revient toujours à ce mot) le fond du problème.
Alors est-ce que parler politique pour faire une chronique liée à un documentaire peut paraître excessif ? Probablement pas, c’est le droit de chacun d’avoir une opinion, tout en étayant son propos, ce qui par moment reste compliqué. On est en droit de penser que ce documentaire, respectueux et digne, ne faisant état d’ailleurs que d’évidences historiques - les interventions de certaines personnalités comme le Général De Gaulle sont assez stupéfiantes - offre un regard évident et direct sur cette occupation.
En dernier point il y a ce parallèle stupéfiant avec les amérindiens, qui montre bien au delà des mots, le poids de certains pays concernant ce conflit, celui des lobbies (militaro-économiques et autres) ; et finalement ce qui n’a échappé à personne, même si on préfère l’oublier ; les camps, les incarcérations, les morts !
L’histoire récente aura vu disparaître le président Jacques Chirac, dont chacun aura à l’esprit probablement l’engagement auprès du peuple palestinien, son « coup de gueule » lors de la fameuse visite à Jérusalem qui faillit se terminer en rupture diplomatique. Souvenons-nous que beaucoup ont dénoncé tout ceci, et que pour beaucoup d’entre eux, ces interventions ne datent malheureusement pas d’hier !

Le regard que porte l’Occident et le monde sur Israël et sa politique doit s’affranchir du poids du passé et accepter de condamner les manquements aux droits les plus évidents, droits pour lesquels d’ailleurs tout un chacun s’est battu.
La citation qui apparaît sur l’écran final résume très bien le propos, celle de Avraham Burg (ancien président de l’alliance juive, du mouvement sioniste mondial et de la Knesset) : Du fait de la Shoah nous voulons le pardon continuel pour les fautes que nous commettons et nous ne supporterons aucune critique !
… mais comment jugera l’histoire, ceci est une autre question.

LE CHAR ET L’OLIVIER, UNE AUTRE HISTOIRE DE LA PALESTINE
France, 2019, couleur (1h41).
Un film de Roland NURIER

SYNOPSIS (dossier de presse) :
L'histoire de la Palestine, de son origine à aujourd'hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens… Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !

Sylvain Ménard, octobre 2019.