C’est pourquoi nous débuterons cet article par : ‘Et une fois de plus’, les éditions Paulsen nous ont dégotté un pur joyau, qu’on peine à qualifier, tant il s’inscrit dans ce qu’on nommerait une aventure contemporaine et humaine, tout en étant un roman d’aventure, une page d’histoire, un mémoire (même si ce n’est pas écrit à la première personne), ou ce qui s’apaprenterait à un récit initiatique !
‘La Meilleure façon de Marcher’ c’est une épopée vécue par une femme que nous n’oublierons jamais, une femme forte mais ayant connu le pire avec un mari abusif, le meilleur avec ses enfants qui étaient tout pour elle, ; et habitée d’une soif inextinguible de liberté, celle d’enfin s’affranchir de sa condition de victime, et d’enfin vivre ! Et quand nous parlons d’épopée, probablement ressentons-nous cet appel qu’elle a dû entendre, celui qui l’a amenée à entreprendre cette incroyable aventure, avec en toile de fond ce dépassement de soi.
Le sentier des Appalaches, c’est une aventure en soi, 3500 kilomètres de long, parcourant plusieurs états, dans des paysages aussi différents que possiblement dangereux et avec des conditions qui confinent à l’impossible par endroit (pour le commun des marcheurs). Et on imagine qu’en 1955, c’est d’autant plus ardu, encore plus pour une femme seule, et d’un âge certain ; mais à contrario de beaucoup d’autres, habitée par une énergie et une pugnacité dont peu savent faire preuve.
Dans l’Amérique de cette époque qui peine à s’affranchir de ses tares - entre le racisme ou la place de la femme, la pauvreté et l’intolérance, autant de choses qui s’éloignent de plus en plus du « rêve américain » - sa quête de liberté et d’affirmation d’elle même, nous illumine et nous apporte un message, qui plus de soixante dix ans après, résonne encore dans ce qu’il a de grand et de sincère.
GrandMa’ semble nous offrir une leçon d’humilité et de raison, alors qu’elle traverse ces états et rencontre des gens de multiples provenance, ne pouvant que s’apercevoir de ce qui fait l’essence même de son pays, que ce soit en bien ou en mal. Car entre la ségrégation, la persistance de la pauvreté, le repli sur soi ou l’indifférence ; il y a maintes choses à dire sur cette année 55 aux États-Unis !
Et très curieusement, alors que nous cheminons avec elle, nous sommes confrontés aux mêmes dilemmes et problèmes qu’aujourd’hui dans une société américaine de plus en plus divisée, voire aux même conditions climatiques défavorables ou carrément excessives, comme si tout cela n’était qu’un perpétuel recommencement. La grande différence c’est qu’à ce moment précis, une petite ‘mamie’ de 67 ans et d’à peine 1m55 de haut, trace sa route dans ce qui est encore un ‘sentier’ dangereux et semé d’embuches, enseignant à ceux qui la suivront que la vie c’est « oser » ; faire les choses !
Ce livre bouleversant et enthousiasmant (et les deux ne sont pas incompatibles) est traduit de l'anglais par Emmanuelle Ghez.
Le résumé : Emma Gatewood fut la première femme à parcourir la totalité du sentier des Appalaches. À l'âge de 67 ans, elle a marché 3 500 kilomètres à pied à travers les forêts américaines. 3 500 kilomètres de tempêtes, de nuits à la belle étoile. 3 500 kilomètres en petites chaussures de toile, avec un baluchon pour seul bagage. Rien ne prédestinait cette grand-mère à devenir une icône de la randonnée. Élevée dans la pauvreté, victime de violences conjugales, la vie tragique d’Emma Gatewood semblait tracée. Mais, un pas après l’autre, elle a trouvé son chemin vers la liberté. Ce récit lumineux nous invite à lui emboîter le pas.
Sylvain Ménard, avril 2026
La Meilleure façon de Marcher
(sous-titré : Dans les pas de Grandma Gatewood : 67 ans, 11 enfants, 3 500 km)
Auteur : Ben Montgomery
Traductrice : Emmanuelle Ghez
Date de parution : 16 avril 2026
Genre : Récit
Format : 15 x 21 cm
Nombre de pages : 288
ISBN : 978237502-5352
Photos tous droits réservés : Éditions Paulsen.