‘L’ECOLE EST FINIE’, en librairie le 18 mars ; c’est la BD sensible et touchante, accrocheuse et parfois rentre-dedans de la jeune et douée Evemarie !

Illustratrice à part, Evemarie peut se targuer d’avoir une identité propre - une chose pas si évidente que ça dans la BD d’humour, et bien au delà dans la BD critique et sociale - une identité qui transparaît dans son style, son trait et son texte, pas acerbe, mais plutôt ironique et tout en sous-entendus !
Tendre et sensible chronique d’une jeunesse et d’une scolarité ‘contrariée’, ‘L’ECOLE EST FINIE’ touche un peu à tout, nous invite à nombre de réflexions quant au système éducatif, mais jamais ne se laisse aller à autre chose qu’une belle évocation, où l’autrice (et personnage principal) aura pu surmonter les épreuves et trouver sa voie !

Ainsi la comparer à des Claire Brétécher, à des Marjane Satrapi, à telle ou telle dessinatrice, serait une pure hérésie ? Sans doute… D’abord parce que toute personne est différente des autres, et en Art, encore plus que dans toute autre chose, la création est une étape qui relève de l’intime - et Evemarie nous invite à plonger dans une partie de sa vie - faisant ainsi de nous, plus que des spectateurs, des invités, des personnes à qui elle livre ses secrets.

L’ECOLE EST FINIE’ est une bien belle et nécessaire incursion dans le monde (soyons honnête), tout sauf magique, de l’école et de cet apprentissage auquel chacun d’entre nous aura été confronté. Entre les petits drames de la vie quotidienne, les inquiétudes diverses, les choses graves, et pour certaines dramatiques, la BD d’Evemarie nous propose de découvrir ces tranches de vie. 
Constater la méchanceté dont peuvent faire preuve les enfants les uns envers les autres, voir la suffisance des professeurs (quand il ne s’agit pas de la stupidité la plus crue), faire le constat des erreurs qui se répètent ; tout cela est bien amené et ne sera pas sans nous rappeler sans doute quelques péripéties vécues ou vues…
Et tout ça sans oublier les jeux de mots débiles des professeurs sur nos noms de famille ! Essayez quand vous vous nommez Ménard, et que les jeux de mots vont de Renard à panard…  ah le prof de gym’ ! On comprend d’ailleurs pourquoi il a fini professeur d’EPS. 

Mais là où d’autres jouent d’une forme de pathos et - osons-le mot - de désespérance et de fatalité, notre autrice nous prend à contre-pied et nous assène des leçons de vie, d’espoir et d’un besoin vigoureux d’y croire ! Croire qu’on peut s’affranchir de ces carcans qu’on nous impose, croire qu’on peut trouver sa voie grâce aux autres et à des gens bien intentionnés et prêts à nous écouter. C’est là une très belle leçon, mettant en lumière la chose primordiale qui prend le pas sur tout, une leçon que la lecture de la BD d’Evemarie nous inspire !
Et sans rien dévoiler de notre BD du jour, vous aurez compris que malgré les grincheux et les irascibles, et pour peu que votre cercle intime (les parents, frères et sœurs, amis…) sache vous écouter, simplement vous écouter ; les défis peuvent être surmontés.
Et pour notre plaisir, Evemarie a réussi !



Alors que les illustratrices dans le monde des livres pour enfants nous semblent bien présentes ; dans l’univers de la bande-dessinée on peine finalement à trouver beaucoup de dessinatrices, peut être parce qu’elles semblent ‘disséminées’ dans le volume de production annuelle. Et puis on connait les chiffres de présence féminine au sein de la BD, d’environ 14%. Une chose somme toute curieuse, tandis que les chiffres concernant la littérature jeunesse confirment une présence majoritaire des femmes, une chose que nous voyons régulièrement - ici, à Cinémaradio - en traitant d’ouvrages pour les jeunes (et très jeunes) lecteurs.

Sans doute ce constat paraîtra curieux, aux yeux de celles et ceux qui nous lisent, et qu’on le pensera probablement issu du reflet d’une ‘fausse’ réalité. Mais si prend compte de la complexité du marché, la ‘galère’ des auteurs est une réalité, un fait récemment dénoncé, alors que le mot de ‘précarité’ est utilisé pour les auteurs et autrices de BD.


Résumé :
AÌ€ 10 ans, Evemarie entre au colleÌ€ge avec un plan de carrieÌ€re déjaÌ€ béton : devenir autrice de BD. Les devoirs ? TreÌ€s peu pour elle, elle préfeÌ€re sécher les cours pour trainer avec des copains du lycée, boire des cafés et fumer. Entre culture pop, flemme assumée et redoublement, sa scolarité dérape. Direction le colleÌ€ge privé... L’autorité et la violence s’invitent, mais pas les miracles. Le récit droÌ‚le et mordant d’une ado hors des clous.


Sylvain Ménard, mars 2026

L'ECOLE EST FINIE
Autrice : Eve Marie 
Maison d’édition : Robinson
Sortie : le 18 mars 2026
Format : 190 x 256 
Pagination : 120 pages  
EAN : 9782017265627 
Prix public TTC : 19,99€ 

Images, et photos tous droits réservés, Evemarie, Robinson
© photo Evemarie : Barbara Cabot