Si les deux compères cultivent l’absurde et le non-sens, un exercice finalement pas si aisé que ça (nombre s’y sont cassés les dents), ils réussissent à donner une dimension réaliste à leurs personnages, même si la caricature n’en est pas absente, n’oubliant pas au passage de donner de la densité aux personnages secondaires. Entre fable et critique sociale ‘JOUJ’ est une comédie déjantée et au rythme soutenu, avec ses personnages nombreux et drôles.
Bénéficiant d’une jolie photographie et d’un montage qui ne sacrifie pas (et c’est tant mieux) aux mouvements épileptiques auxquels maintes productions nous ont habitués, le réalisateur Rabii Chajid prend son temps, développe son sujet et nous invite à découvrir les rues et les endroits, les gens…
On regrettera peut être la profusion de plans aériens au drones - fort sympathiques malgré tout et qui montrent Casablanca différemment - mais qui ralentissent un peu l’action.
Au travers de cet humour contemporain, Driss et Mehdi, s’inscrivent dans un contexte qui parle de leur pays, le Maroc, et n’oublient pas - ce qui est la marque de vrais humoristes - de faire la critique (parfois légère, à d’autres moments outrancière) de la société marocaine, de ses petits travers et de ses exagérations, tout en faisant passer un message presque triste comme sur l’alzheimer du personnage de la grand-mère.
Le film sort sur nos écrans le mercredi 17 avril.
Synopsis : Halim et Mounir tombent accidentellement sur un cahier magique, dans lequel il suffit d’eÌcrire un vœu pour qu’il soit exauceÌ. Un soir, sur un coup de teÌte et apreÌs s’eÌtre fait rejeter par les physionomistes d’une grande boiÌte de la ville, Halim, ignorant les pouvoirs de ce cahier, exteÌriorise sa coleÌre en eÌcrivant dedans : « Et si tous les hommes disparaissaient de la terre ». Le vœu est exauceÌ et le monde entier se retrouve deÌmuni de sa gent masculine... sauf des deux amis.
Sylvain Ménard, avril 2024