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Ina Boyle - une grande compositrice irlandaise qui failli disparaître, et qui renait en ce vingt-et-unième siècle - était une compositrice brillante et innovante, complexe et sensible…
22 mai 2026 - 14:05
Souvent envoutante et parfois nostalgique, la musique d’INA BOYLE réchauffe les âmes, éclate telle une bulle musicale, nous inondant dans sa beauté parfois simple et la richesse des ses accords. Tout en nous charmant, sa musique nous fait ressentir à quel point tout est fragile et aurait pu se perdre ; comment son immense talent faillit être gâché, alors qu’elle resta méconnue de son vivant.
Par chance - car c’en est une - nous pouvons aujourd’hui entendre certaines de ses créations, et en faire profiter les lecteurs, parler d’elle, les inviter à la découvrir.
La conservation parfaite de ses manuscrits, de ses partitions, a permis d’ouvrir en grand la porte de la mémoire sur ce XXème siècle où elle écrivit toutes ses compositions et d’enfin porter à notre connaissance son œuvre. C’est en grande partie grâce au ‘Ina Boyle Development Committee’, que cette grande dame de la musique renait !
La rencontre avec Ina Boyle, une compositrice irlandaise du XXème siècle, s’est faite - comme souvent c’est le cas - par pur hasard. J’avais écouté sur youTube un enregistrement d’une de ses œuvres en mars 2025. Enchanté par cette écoute, mais pris par d’autres écoutes, des chroniques musicales, interviews et autres, le temps manquait… Mais ce début d’année a pris une tournure plus ‘irlandaise’ et après quelques tâtonnements, j’ai réussi à me constituer une banque sonore, à trouver des albums sur les sites référencés. Si sa ‘couverture’ reste encore assez limitée (assez timide…), les albums disponibles embrassent déjà presque tous les pans de son talent, entre concertos, symphonies, psaumes, musique de chambre, ou chansons.
Parmi les albums disponibles, on trouve celui dédié à ses œuvres orchestrales (voir à la fin de l’article) sous la direction de Ronald Corp. On trouve aussi chez Toccata Next, un récital de violoncelle et d’accordéon, Cello Accordion Ireland avec arrangements de Adrian Mantu et Dermot Dunne ; chez Rubicon, une exploration du genre de la ‘Fantaisie Britannique’, Piatti Quartet: Phantasy, avec des œuvres de Vaughan William, Boyle, Howells, Arnold, Holmès et Tippett, interprété par le quatuor Piatti ; toujours chez Rubicon, des quatuors signés Ralph Vaughan Williams, Ina Boyle, John Ireland et Ernest John Moeran ; l’album A Shropshire Dad: English Songs Orchestrated by Roderick Williams, édité par Hallé concerts Society, propose des œuvres de Ireland, Boyle, Browne, Butterworth, Gipps, Vaughan Williams, Dring, Burton, Clarke et Farrar ; et chez Deutsche Grammophon, Irish Roots interprété par le violoniste Daniel Hope, une immersion dans la culture populaire irlandaise, un voyage musical qui ocille entre musique traditionnelle et classique.
Elle a écrit un opéra (sur la fin de sa vie), 'Maudlin of Paplewick' ; de la musique chorale ; de la musique pour orchestre, trois symphonies, des fantaisies, un concerto, ou encore une rhapsodie. Cette partie-ci - les œuvres pour orchestre - est particulièrement intéressante, que l’on parle de ses symphonies ou de ses compositions courtes comme son ‘The Wild Geese’ ou ‘A Sea Poem’. Son ‘Elegy for Solo Cello and Orchestra’ ou son ‘Violin Concerto’ (« To the Memory of my Mother ») sont deux œuvres fines et sensibles, où la mélodie donne à l’auditeur comme l’impression d’être égaré, de se promener dans un environnement non pas sombre, mais somme toute mélancolique.
Nous pourrions nous attarder également sur son ‘Orchestral Rhapsody’, d’une dizaine de minutes, qui n’est pas sans rappeler le caractère romantique et évocateur d’un Arnold Bax, son contemporain, et notamment celui de ses poèmes symphoniques. Ici on perçoit la qualité de son écriture et cette forme de néoromantisme qui l’habite, tout comme Hamilton Harty ou John Ireland.
On lui doit également quatre œuvres pour voix et orchestre, alto et orchestre à cordes, contralto et orchestre, et une pour alto et orchestre à cordes. Son intérêt pour la composition s’est également manifesté au travers de l’écriture pour petit ensemble (ou musique de chambre), ce qui a donné son Quatuor à cordes en mi mineur en 3 mouvements. On trouve dans son répertoire un certain nombre de chansons, pour voix et piano, ou quatuor, violon, violoncelle ou harpe.
Elle a également composé trois Ballets, Virgilian Suite, The Dance of Death et The Vision of Er.
Ina Boyle qui était née le 8 mars 1889, est décédée le 10 mars 1967 ; elle fut une compositrice prolixe, étudiant la composition de 1923 à 1939 avec Ralph Vaughan Williams, avant que le début de la seconde guerre n’y mit fin. Rentrant alors chez elle, dans le comté de Wicklow, elle continuera à écrire, mais sans connaître de réelle reconnaissance. On a parlé d’isolement, souffrant d’être éloignée des grands centres musicaux, mais finalement n’était-ce pas in finé son choix que d’aller vivre dans le comté de Wicklow, situé au sud de Dublin, surtout après avoir tenté sans succès d’intéresser chefs d’orchestres et compositeurs… Ses chansons que l’auditeur trouvera sur l’album Ina Boyle: Songs (Delphian Records) ; sont tout autant le reflet de sa vie dans cet endroit réputé magnifique et protégé, que celui de ses choix de vie.
Ce ne sera qu’après presque 50 ans d’oubli que sa musique commencera à être rejouée, et que des enregistrements seront faits. On parle d’elle comme de la plus importante compositrice de la première moitié du XXème siècle. La plupart de ses manuscrits sont conservés à Dublin, à la bibliothèque de la prestigieuse université du Trinity College.
Qu’il est compliqué d’être une femme et encore plus une compositrice en ce XXème siècle !
Même si l’on ne peut que déplorer le fait qu’elle n’ai pas connu de réelle reconnaissance du temps de son vivant, il est par contre fort agréable qu’elle soit reconnue aujourd’hui comme une des compositrices majeures irlandaises du XXème siècle. Plus fréquemment jouée depuis le début des années deux mille, elle semble être devenue une inspiration pour de nombreux artistes. Ajoutons que les enregistrements commençant à voir le jour, sa notoriété ne peut qu’en sortir grandie.
Sylvain Ménard, mai 2026
Violin Concerto/Psalm for cello and orchestra/Symphony No. 1/Overture/Wild Geese
Dutton Epoch – CDLX 7352 (2018)
[SACD Hybrid Multi-channel]Tracklist
Overture For Orchestra (1934)
01. Allegro Vivace - 8:01Concerto For Violin And Orchestra (1922-33 Rev. 1935)
Violin, Solois: Benjamin Baker
02. i Lento Ma Non Troppo – Poco Pìu Lento – Tempo Primo – 7:22
03. II Adagio – Animato E Crescendo – 3:50
04. III Allegro Ma Non Troppo – A Tempo, Tranquillo – Tempo Primo – Teneramente E Tranquillo – Tempo Primo 5:27Symphony No. 1 "Glencree" (In The Wicklow Hills) (1927-27)
05. I On Lacken Hill (Molto Moderato – Pìu Lento, Tranquillo) 7:49
06. II Nightwinds In The Valley (Allegro Molto – Tranquillo) 3:28
07. III Above Lough Bray (Adagio – Poco Pìu Con Moto, Ma Sempre Molto Moderato) 10:12Wildgeese: Sketch For Small Orchestra (1942)
08. Lento Misterioso - 3:47Psalm For Cello And Orchestra (1927 Rev. 1928).
Cello: Nadège Rochat
09. Lento – Poco Allegro, Inquieto – Lento – Andante, Tranquillo – Animato – Adagio - 9:17A Sea Poem: Theme, Variations And Finale For Orchestra (1919)
10. Introduction (Lento, Molto Sostenuto) – 1:36
11. Theme (Lento E Sostenuto) – 1:41
12. Variation I (Pìu Animato) – 1:20
13. Variation II (Pìu Vivace, Scherzando) – 1:07
14. Variation III (Pìu Largamente) – 2:10
15. Variation IV (Adagio, Molto Tranquillo) – 2:12
16. Variation V (Allegro Molto) – 0:47
17. Variation VI (Pìu Mosso – Adagio) – 1:55
18. Finale (Lento, Quasi Tempo Primo, Tranquillo) - 3:02SACD Bonus Track
Colin Clout (A Pastoral After Spenser's The Shepheard's Calender) (1921)
19. Molto Adagio – Poco Pìu Mosso – Molto Tranquillo - 8:50
