Critique du film Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait 


05 octobre 2020

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait

Film Français 2020 écrit et réalisé par Emmanuel MOURET,

Avec Claudia JORDANO, Niels SCHNEIDER, Emilie DUQUENNE, Vincent MACAIGNE.

Daphné enceinte de 3 mois, accueille dans sa maison de vacances Maxime, le cousin de son compagnon François qui pour son travail est absent quelques 3 jours. Ils ne se connaissent pas et vont faire connaissance en se livrant sur leurs histoires d’amour. Et c’est comme ça que l’on rentre dans l’histoire de Maxime tombé amoureux de Victoire qui a craqué pour son ami Gaspard. Daphné, de son côté éperdument amoureuse d’un réalisateur qui lui, est amoureux de quelqu’un d’autre, tombe sous le charme de François, un homme marié… Vous avez suivi ?

Si j’avais adoré Madame de Jonquières d’Emmanuel Mouret, je reste très partagée sur son dernier film. Dans Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait le rôle de la parole est si important qu’il nous fait penser aux films d’Eric ROHMER. La théâtralité de toutes les séquences nous rappelle MARIVAUX. La comédie avec tous ses entrelacs nous fait penser à Woody ALLEN. C’est un film bavard qui nous évoque toutes les facettes du sentiment amoureux. Celui qui nous approche d’un merveilleux bonheur et celui qui nous fait toucher le fond du désespoir. De l’espoir aux regrets. MOURET nous montre qu’il est devenu le grand cinéaste du sentiment amoureux. Il nous installe autour de l’amour, du désir, du plaisir. Les scènes s’emboîtant demandent de la concentration.

Ce film veut nous montrer toutes les combinaisons possibles entre Amour, Amitié, Désir, où s’entremêlent tristesse et bonheur. Il interroge sur l’amour et ses incertitudes dans un milieu privilégié où on peut prendre le temps de parler, de discourir, entre appartements parisiens et résidences secondaires en Provence.

Débat philosophique sur l’Amour soutenu par des airs de musique classique (Chopin, Mozart, Satie…) Mélange mi léger, mi amer. On se prend un peu au jeu de ce labyrinthe où les personnages, habités par le goût de la parole font des tours et des détours autour du désir et des incertitudes de l’amour. La forme « récitée » est parfois ennuyeuse. Mouret a certainement voulu montrer que le tout numérique n’a pas enterré la pensée, la réflexion.

De cet entrelacement de récits intérieurs, cette diversité de combinaisons affectives, que va-t-il rester au spectateur ? Les uns vont crier au ravissement, les autres à l’ennui. Je me suis située entre les deux.

Marie-Claire Bergère