Nous avons évoqué la conception de la musique du film et l’intérêt d'y entendre telle musique, et - probablement ce qui est un axe essentiel - les influences éventuelles, mais aussi l’utilité de mettre ou pas de la musique sur les images. Ces confidences mettent en valeur justement le positionnement du compositeur et de l’orchestrateur quant aux scènes, l’intensité des dialogues ; toutes choses finalement qui nécessitent le déploiement d’un ensemble restreint ou d’un groupe d’instruments plus conséquent.
Au cours de cet entretien nous avons également parlé des tendances actuelles en terme de soumission des morceaux, qui veulent que les compositeurs proposent souvent des maquettes terminées avec des instruments et une orchestration quasiment définitive. La manière d’écrire sur la maquette sera bien sûr différente de la version aboutie et orchestrée en fonction de la partition validée. Son travail de composition puis celui fait lors des sessions, enregistrant par groupes d’instruments, lui ont permis de structurer plus facilement les morceaux, offrant plus de fluidité dans le montage final ; Anne Sophie évoquant par là même quelques notions relatives à la production, le langage musical et le métier de compositeur en lui même.
Nous terminerons cette première partie d’entretien en évoquant les souhaits pour le futur, ce vers quoi Anne Sophie Versnaeyen souhaiterait se diriger… et tenez vous bien, nous avons parlé musique de ballet et Debussy !
Sylvain Ménard, décembre 2019